blog de la créatrice de bijoux Iris Simon, dont la marque L'Iris Noir est spécialisée dans les bijoux en or, argent et pierres semi-précieuses.
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Une vision exigeante du bijou contemporain
Vous avez jusqu'au 19 août pour visiter cette (toute petite) exposition qui vous fera découvrir une tendance peu connue du bijou contemporain basée sur l'utilisation de la céramique.
C'est une exposition plus que confidentielle, qui n'a pas vraiment été
marketée, et dont même l'emplacement est difficile à trouver... En effet, il vous faudra monter au 2ème étage, puis longer la grande galerie dédiée au trompe l'oeil (rigolo), puis prendre
l'ascenseur pour monter au 5ème étage où vous serez accueillis par un énorme rhinocéros de François-Xavier Lalanne. Sur la gauche d'une grande salle dédiée au design conceptuel... oui,
voilà, vous y êtes : 18 créateurs vous présentent leurs recherches esthétiques autour de ce matériau venu des arts de la table.
Tout d'abord quelques infos historiques : dans l'Egypte ancienne on fabriquait déjà des bagues sigillaires (ou bagues sceaux) en faïence, alors que dans la Grèce et la Rome antique existaient des bijoux en terre cuite dorée qui avaient pour vocation d'imiter l'or (bref des bijoux en toc !). Puis une longue période d'oubli avant d'arriver au XVIIIème siègle anglais, au cours duquel la firme de porcelaine Wedgwood inventa une pâte de grès fin imitant parfaitement le jaspe, qui permit de créer des camées néo-classiques moins chers que ceux réalisés à partir de pierres véritables.
Dans les années 90, quelques créateurs hollandais menés par Peter Hoogeboom (dont je vous invite à admirer les oeuvres, parmi les plus belles et les plus convaincantes de cette exposition selon moi) ont réintroduit cette matière dans la bijouterie contemporaine.
Parmi mes coups de coeur je vous cite en vrac : Peter Hoogeboom dont j'ai particulièrement admiré le Satanic Cuff à base de perles épineuses, Carole Deltenre et ses broches camées si raffinées et si tendantieusement féminines... Tina Rajakallio dont les créations plus que conceptuelles questionnent le visiteur sur ce qui est beau et ce qui repoussant, Terhi Tolvanen et ses bijoux si joliment inspirés de la nature et des sous-bois, Katja Prins et ses broches à la frontière entre la froideur médicale et la préciosité esthétique.
De plus, si vous avez un peu de temps devant vous, n'hésitez pas à rester un peu plus au sein du musée pour visiter sa fameuse Galerie des Bijoux qui vous expliquera toute l'histoire de cet art de la Renaissance à nos jours.
Et enfin faites comme moi : allez sur le site web du MAD pour imprimer le dossier de presse consacré à l'exposition car ces idiots de fonctionnaires n'ont tout simplement pas jugé bon d'éditer la moindre publication à cette occasion !!! Edifiant, non ?
Musée des Arts Décoratifs 15 mars - 19 août 107, rue de Rivoli 75 001 Paris (musée fermé le lundi)
L'Iris Noir www.irisnoir.fr |