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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 19:04
L'Iris Noir a visité l'expo "Philippines" au Musée du Quai Branly

L'expo du moment à ne pas rater !!!

Alors là, j'en suis encore toute émue ! C'est une très belle exposition que j'ai eu la chance de visiter hier soir, au Musée du Quai Branly. Consacrée à l'art des Philippines avant l'arrivée des Espagnols au XVIème siècle, elle éclaire d'un jour nouveau l'histoire de ce vaste archipel (plus de 7 000 îles s'étendant sur plus de 1 800 km du Nord au Sud).

L'exposition est intelligemment conçue de façon à distinguer les civilisations "montagnardes" de celles qui se situaient en bordure de mer.

Les pièces exposées ont pour la plupart été rarement montrées en France jusqu'à présent. De l'ensemble de plus de 30 bululs (divinités du riz en bois) placé en début d'exposition aux jarres de secondes funérailles de la dernière salle, tout est somptueux : boîtes magiques des chamanes, jarres souvent importées de fort loin pour conserver le riz, vêtements finement tissés rebrodés de perles, coiffures de plumes, armes de coupeurs de têtes...

Et surtout, amis passionnés de bijouterie... de l'or, de l'or, de l'or ! Sachez que les Philippines sont pleines de mines d'or et se placent au 3ème rang mondial en matière de gisements aurifères. Du coup, forcément, les Philippins sont des pros de l'orfèvrerie depuis la nuit des temps.

L'avant-dernière salle de l'exposition est donc consacrée à l'or du royaume de Mindanao : bijoux, poignées d'épées, ceintures tissées, amulettes... Exquises parures souvent réalisées à partir de feuilles d'or très fines, travaillées par emboutissage, tressage, granulation, filigrane, etc.

Donc vous avez jusqu'à mi juillet pour vous offrir un voyage à peu de frais dans l'un des pays les plus fascinants du Sud Est asiatique. Vous ne devriez pas être déçus du voyage...

L'Iris Noir

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 11:19
L'Iris Noir a visité l'expo "Sous Influence"

Une sortie hallucinée pour ce weekend

Envie d'une idée de sortie hors du commun pour ce weekend ? Je vous suggère d'aller à la Maison Rouge à côté de l'opéra Bastille et de découvrir une exposition étrange mais fascinante consacrée à l'art sous psychotropes.

Depuis l'Antiquité, l'homme a sondé les profondeurs de son âme en s'aidant de substances diverses et variées. Mais le XIXème et surtout le XXème siècle ont donné lieu à une multiplication d'expériences artistiques soutenues par l'ingestion de différentes substances : plantes hallucinogènes, alcool, tabac, café, médicaments...

Si les Paradis Artificiels de Charles Baudelaire ont bercé les angoisses de plusieurs générations de lycéens, d'autres artistes ont également succombé à l'attrait de substances étranges. Des dessins élégants de Jean Cocteau, opiomane invétéré, aux oeuvres dadaïstes de Francis Picabia, en passant par par les expériences poétiques d'Henri Michaux ou d'Antonin Artaud, la première moitié du XXème siècle est celle de la drogue chic qui permet d'explorer son moi le plus intime.

La seconde moitié du XXème siècle sera plus dramatique : les milliers d'autoportraits sous différentes drogues de Bryan Lewis Saunders, la violence des performances de Tony Bouilhet, les toiles hallucinées de Jean-Michel Basquiat sont autant d'expériences extrêmes, qui font l'effet d'un uppercut sur le spectateur.

Pour autant, quelques unes de ces oeuvres sont marquées par une étrange élégance qui m'a vraiment fascinée : ainsi les Sculptures Inhumaines de porcelaine blanche de Mathieu Briand, les superbes dessins oniriques de Hans Bellmer, les portraits hallucinés de Stanislaw Ignacy Witkiewicz...

A la fin de l'exposition, ne manquez pas la salle mise en scène par l'artiste japonaise Yayoi Kusama (cf. photo) : par le jeu infini de miroirs et la saturation d'objets rouges à pois blancs, elle réussit à nous faire perdre pied et à se jouer de notre capacité de perception.

Attention : cette exposition vénéneuse s'achève ce dimanche, donc c'est ce weekend ou jamais !!!

Exposition "Sous Influence" à la Maison Rouge

10, boulevard de la Bastille, 75 012 Paris

L'Iris Noir

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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 08:08
murano maillol 

Une ode à la lumière et à l'impermanence

 

Un après-midi pluvieux, pas envie de toucher à mes outils... Je cours au Musée Maillol pour visiter l'exposition consacrée au verre de Murano, de la Renaissance à nos jours.

 

Sans doute parce que Venise était au carrefour entre l'Orient et l'Occident, ville flottant sur l'eau au regard toujours tourné vers l'ailleurs, baignant d'une lumière à part... l'île de Murano a ainsi accueilli une industrie du verre très vite florissante, aux mains de quelques grandes familles de verriers comme les Barovier.

 

Si le verre existe depuis l'Antiquité, c'est vers 1450 qu'est inventée la technique à la chaux de soude qui permet la transparence absolue connue sous le nom de "cristallo".

 

Les grandes familles d'Europe deviendront les commanditaires naturels de cette industrie du luxe, qui les fournit en objets décoratifs (coupes, vases, verres, lustres...) d'exception.

 

Les possibilités du verre sont infinies : il peut être gravé à la pointe de diamant, prendre l'aspect de pierres semi-précieuses (malachite, lapis, calcédoine...) ou de porcelaine, peint à l'émail, coloré dans la masse, orné de filigranes...

 

Soufflé à la bouche, il adopte des formes graciles ou excentriques, de l'extrême épure au rococo le plus assumé.

 

Aujourd'hui encore, il inspire les artistes du monde entier qui viennent l'expérimenter auprès des maîtres verriers vénitiens : la salle du rez de chaussée du Musée Maillol est ainsi consacrée à quelques réalisations contemporaines de toute beauté. Si la réalisation d'Othoniel ne m'a pas particulièrement convaincue, je suis restée en admiration devant les miroirs vanités d'Orlan et de Fred Wilson, ou encore la toile d'araignée de Mona Hatoum.

 

Voilà, vous avez jusqu'au 28 juillet pour aller au Musée Maillol vous en mettre plein les mirettes. Evitez les débuts d'après-midi envahis par les mamies en foulard Hermès...

 

Musée Maillol

61 rue de Grenelle - 75 007 Paris

Métro "Rue du Bac"

 

L'Iris Noir

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 17:28
barbie-levallois.jpg

Notre monde vu par Barbie...

 

Voilà, le temps des salons des métiers d'art s'achève et j'en profite pour honorer mes dernières commandes avant les fêtes, nettoyer l'atelier et... visiter une exposition étonnante à la Mairie de Levallois, consacrée à la poupée mannequin à travers le temps.

 

Honnêtement, l'expo est juste top de chez top ! La scénographie est belle, les explications limpides, les poupées extraordinaires (collections Eric Chatillon et Erwan Le Vexier).

 

On a beaucoup glosé sur les mensurations de Barbie, bimbo anorexico-botoxée qui assume son hyper féminité frôlant souvent le mauvais goût le plus extrême.

 

Néanmoins, cette exposition est fascinante par sa dimension historique et sociétale. Des années 60 à nos jours, la poupée mannequin féminine (Barbie et ses clônes) et masculine (GI Joe, Action Man et autres Big Jim) ne fait qu'illustrer les grands bouleversements qu'a connus notre monde : guerre froide, les 30 glorieuses, conquête de l'espace, libération sexuelle, féminisation du monde du travail...

 

De la première Barbie en corset et porte jarretelles à la Barbie émancipée d'aujourd'hui (au milieu des années 2000, elle quitte son blond mais fade fiancé Ken pour un surfer sexy du nom de Baine, pour mieux se remettre avec Ken quelques années plus tard !!!), en passant par la période Peace & Love des années 70, c'est toute l'histoire de la femme occidentale qui défile sous nos yeux éblouis.

 

Quelques unes de ces poupées ont été habillées par les plus grands couturiers : personnellement, j'ai un faible pour la Barbie Kenzo ainsi que pour celle rêvée par Thierry Mugler.

 

D'autres prennent les traits de nos idoles : Elizabeth Taylor en Cléopâtre, Franck Sinatra, Johnny Halliday ou encore les 2 Be 3 (qui se souvient encore de ce boys band ???).

 

Clou de l'exposition : le Barbie Foot imaginé par la designer française Chloé Ruchon, où tous les joueurs sont des Barbie espiègles et sexy en diable.

 

Bref, n'hésitez pas à faire le détour par ma bonne ville de Levallois pour voir cette exposition d'une rare qualité ! Seuls ou avec vos enfants...

 

Péristyle de l'Hôtel de Ville de Levallois

du 15 au 30 décembre (10H - 18H)

Entrée Libre

 

L'Iris Noir

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:58
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L'épure pour moto

 

Vous vous trouvez dans le quartier de l'Opéra, vous avez 20 minutes à tuer, je vous propose de faire un saut à la Hip Galerie pour visiter l'exposition qui y est consacrée à la créatrice de bijoux Agathe Saint Girons.

 

C'est une toute petite exposition en taille, mais qui vous permet de mieux découvrir l'univers de cette artiste qui manie aussi bien le verre que le métal.

 

Des séries iconiques telles que "Confidence" ou "Sentiment" (bagues spirales, anneaux bivalves cachant des mots d'amour) aux créations plus rock'n roll telles que "Rolling rings" ou "Funky croco", vous aurez un bel aperçu de l'univers de cette véritable exploratrice du travail du métal.

 

Personnellement, j'ai été particulièrement séduite par la collection "Kalligraphia" : des bagues lettres présentées dans des moules-écrins de terre crue cirée, qui font la part belle aux volumes étonnants et au symbolisme de la lettre.

 

Mais je dois avouer que la manchette "Funky croco" en argent massif recouverte d'une espèce de peau de saurien aux couleurs psychédéliques m'a bien plu aussi !

 

Dommage que ce mercredi matin à 11 heures, l'accueil qui m'a été réservé par les gens de la galerie ait été aussi froid et impersonnel ! Ca ne m'a pas donné l'envie de rester à discuter le bout de gras...

 

Hip Galerie d'art

8, rue Saint Roch

75 001 Paris (métro Pyramides)


Jusqu'au 22 juin prochain (attention : la galerie sera fermée entre le 8 et le 14 juin)

 

L'Iris Noir

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 08:08
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A deux doigts du bonheur

 

Vous avez jusqu'au 13 juin (je sais c'est court !) pour aller visiter cette exposition thématique consacrée aux bagues de 20 créateurs contemporains.

 

Pour tous les amoureux de bijoux de créateurs, mais aussi pour tous ceux qui étudient la bijouterie joaillerie, n'hésitez pas à franchir les portes de cette petite galerie d'art et à découvrir l'univers de ces créateurs connus (XAC, Aline Kokinopoulos...) et moins connus du grand public.

 

La bague, bijou éminemment symbolique, existe depuis la plus haute Antiquité. Pouvoir, image sociale, engagement affectif, cet élément de parure indispensable n'en finit pas d'orner les doigts de la main, quand ça n'est pas carrément les phalanges.

 

Et de fait, au cours de cette exposition, vous verrez des bagues enserrant deux doigts, des feuilletés de bagues, des bagues en charbon, en plexi, en os, en argent, des bagues discrètes et d'autres show off, des bagues légères et d'autres plus lourdes, bref des bagues pour orner tous les doigts, y compris ceux des personnes les plus difficiles à satisfaire.

 

Parmi mes créateurs préférés :

 

- Evidemment Aline Kokinopoulos et ses créations toutes en féminité (www.alinek.jimdo.com)

- Les bijoux très épurés de Jia Style dont certains en argent noir et perles à tomber (www.jiastyle.etsy.com)

- Les très beaux volumes de Nicole Bailly-Basin (www.baillybasin-mare.com)

- Le travail sur charbon du japonais Hirohiko Kamiya (www.charcoal.eskimeit.com)

- Les petites merveilles de légèreté de Lunaticart (www.lunaticartbijoux.com)

 

Dernière précision : toutes ces bagues sont à vendre...

 

Galerie Goutte de Terre

46 rue Godefroy Cavaignac

75 011 Paris (métro Voltaire)

 

L'Iris Noir

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6 avril 2012 5 06 /04 /avril /2012 00:00
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Tout savoir sur le dernier millénaire avant JC

 

Allez, soyez honnêtes : si on parle Egypte ancienne, que savez-vous exactement des dynasties tanite, kouchite ou encore saïte ? Pas grand chose, n'est-ce pas... Alors vous avez jusqu'au 23 juillet pour améliorer votre culture générale en allant visiter l'exposition du musée Jacquemart-André.

 

De ce millénaire troublé, marqué par de multiples invasions de l'Egypte dont la dernière sera la conquête romaine avec la chute de Cléopâtre, les commissaires de l'exposition ont choisi de nous montrer des oeuvres emblématiques, souvent méconnues du grand public.

 

Evidemment, au cours de cette période, on s'éloigne des canons artistiques de l'âge d'or du Nouvel Empire. Les nouveaux pharaons se réapproprient les codes artistiques du pays, parfois avec génie (dynastie saïte), parfois avec plus de lourdeur ou de manque d'imagination. Après tout, tous ceux qui ont visité les sites archéologiques égyptiens avoueront que les monuments ptolémaïques ne sont pas les plus beaux, même s'ils sont parmi les mieux conservés.

 

Bon, lors de votre visite vous serez peut-être comme moi un peu déçus par une partie des oeuvres présentées. Par exemple, dans la salle des têtes offertes en guise d'ex votos par des particuliers aux différents temples égyptiens, vous verrez très vite qu'on a affaire à un art répétitif. Traits strictement identiques, simplement le client choisissait le type de pierre et les dimensions de son offrande, à charge pour le sculpteur de personnaliser l'oeuvre d'une inscription adéquate. 

 

Il en va de même pour tous les ouchebtis (serviteurs funéraires) et autres amulettes réalisés en série, que l'on a retrouvés en nombre dans les tombes des particuliers. La production en série n'est donc pas née aux Etats-Unis avec le fordisme mais dès l'Antiquité !

 

Il y a cependant quelques chefs d'oeuvres incontestés qui méritent toute votre admiration : notamment une statuette en or massif d'Amon toute de grâce et de délicatesse, une statue en bronze de la chatte Bastet ornée d'argent et d'or, ou encore la fameuse "tête verte" de Berlin de l'époque ptolémaïque, impressionnante d'expressivité et de dignité.

 

Ah oui, il faut aussi applaudir la très belle scénographie de l'exposition ! Elle vous donne l'impression de vous promener dans les salles d'un tombeau aux épais murs crépis et de découvrir ces oeuvres magnifiquement mises en valeur dans des vitrines en forme de niches. C'est vraiment top !

 

Et puis, c'est un très grand plaisir de commencer l'expo en traversant le magnifique rez-de-chaussée du musée, rempli d'oeuvres majeures du XVIIIème siècle français, avant de monter au premier étage pour entrer dans le vif du sujet. Enfin n'oubliez pas, en sortant de l'exposition, de vous asseoir une petite demie heure au café du musée ! Un vrai must...

 

Musée Jacquemart-André

158 bd Haussmann (Paris 8)

 

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25 mars 2012 7 25 /03 /mars /2012 12:52
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Vert comme l'éternité

 

Vous avez jusqu'au 10 juin prochain pour visiter cette exposition de petite taille, certes, mais rassemblant des oeuvres vraiment hors du commun.

 

En quelques mots, la civilisation maya est l'une des plus anciennes civilisations précolombiennes puisque les premières constructions datent du 3ème millénaire avant J.C. Elle couvrait le Sud Est du Mexique, le Belize, le Guatemala et une partie du Honduras et du Salvador.

 

L'exposition de la Pinacothèque est consacrée aux trousseaux funéraires des grands dignitaires mayas. La vocation des masques, qui représentaient le défunt, était d'assurer sa métamorphose en dieu du Maïs, dieu à l'origine de la création du monde maya. Par ailleurs, de petits masques représentant d'autres divinités mayas accompagnaient le mort dans son voyage vers l'au delà.

 

Le masque était un véritable portrait du défunt censé renfermer l'essence même de l'individu. Ainsi, les déformations volontaires du visage, qui étaient l'apanage des dignitaires mayas (allongement du crâne et de l'arête nasale, asymétrie faciale), étaient fidèlement reproduites.

 

Les masques funéraires étaient traditionnellement réalisés selon la technique de la mosaïque : des morceaux de pierres vertes, blanches (coquillages) et noires (obsidienne, hématite spéculaire) étaient habilement juxtaposés sur une matrice de résine.

 

Le jade mais aussi plus généralement toutes les pierres de couleur verte (comme la chrysoprase par exemple) symbolisaient la fertilité, le ciel et l'eau. C'était donc un garant de la renaissance du défunt et il revêtait une grande valeur aux yeux des Mayas, autant si ce n'est plus que l'or.

 

Ces pierres vertes servaient également à créer de somptueuses parures (bracelets, bagues, boucles d'oreilles, pectoraux) mais aussi des perles brodées sur les vêtements. Outre leur fonction esthétique, ces parures avaient une véritable valeur rituelle : ainsi, le nombre de rangs de perles symbolisait la divinité à laquelle se référait le bijou.

 

Vers l'an 900 après J.C., on assiste à un effondrement des cités-Etats mayas. Les causes en sont encore assez obscures : guerres, famines provoquées par une grande vague de sécheresse... en tout état de cause, il semble que les paysans travaillant à nourrir les aristocrates et dignitaires n'aient plus été assez nombreux pour soutenir l'organisation sociale maya. Les populations quittent les villes, qui seront retrouvées intactes et ensevelies sous la végétation des siècles plus tard.

 

Les fabuleux trousseaux funéraires seront progressivement exhumés par les archéologues à partir des années 50. Le jade aura finalement bien joué son rôle de vecteur vers l'éternité : les princes mayas vivent pour toujours, entourés de leurs biens les plus précieux, leurs yeux grands ouverts vers l'au delà.

 

Exposition "Masques de jade mayas"

Pinacothèque de Paris jusqu'au 10 juin 2012

28, place de la Madeleine - 75 008 Paris

 

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7 octobre 2011 5 07 /10 /octobre /2011 08:24
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A découvrir au Grand Palais

 

Encore une expo comme je les aime, qui sort de la sempiternelle présentation chronologique pour s'appuyer sur une thématique plus originale. Le Grand Palais rend cette fois hommage à cette fratrie étonnante des Stein, Américains aisés qui avaient choisi de venir vivre en France et de côtoyer l'avant-garde artistique.

 

Tout a commencé avec Léo et Gertrude, qui au début du XXème siècle s'installent à Paris. Ils ne sont pas obligés de travailler, grâce à l'argent envoyé par leur frère Michael, qui a fait fortune dans l'électrification du tramway de San Francisco et dans l'immobilier. Par ailleurs, le taux de change étant particulièrement favorable au dollar, ces années-là vont voir affluer une pléthore d'artistes et d'amateurs d'art américains attirés par l'effervescence intellectuelle parisienne.

 

Les Stein commencent à acheter des oeuvres qu'ils aiment. Si Léo admire avant tout Cézanne ou Renoir, Gertrude se prend de passion pour Matisse et surtout pour Picasso, avec lequel se noue une amitié qui ne se démentira jamais. Le frère et la soeur ont un goût particulièrement sûr et audacieux. Au fameux salon d'automne de 1905, ils vont adorer la "Femme au Chapeau" de Matisse que la critique dézingue pourtant avec fureur.

 

Le frère Michael, accompagné de sa femme Sarah et de leur fils Allan, viendra s'installer en France quelques années plus tard. Ils deviendront des amis très proches de Matisse dont ils achèteront plusieurs toiles, de ses débuts post impressionnistes jusqu'au fauvisme, qu'ils abriteront dans leur grande villa de Vaucresson dessinée par Le Corbusier.

 

Pendant ce temps, Gertrude se séparera de son frère pour vivre avec sa compagne Alice B. Toklas et s'adonner à ses deux passions : l'écriture et le cubisme. L'une des salles est ainsi consacrée aux petites études de têtes de femmes qu'elle avait achetées à Picasso, caractéristiques des fameuses Demoiselles d'Avignon. Emouvant, la grande "Femme à la Serviette" côtoie le portrait qu'a peint d'elle Picasso, impressionnant de massivité et d'intelligence.

 

Jusqu'à la fin de ses jours, Gertrude restera fidèle à Picasso, même si elle a également acheté des oeuvres de Juan Gris, Francis Picabia ou André Masson. Détail rigolo : pas une seule toile des autres peintres cubistes phares tels que Braque, avec qui Picasso collaborera pourtant de la façon la plus étroite, ou bien Fernand Léger. Comme quoi, au delà du style propre à Picasso, il y avait aussi un attachement très fort à l'homme...

 

Vous avez donc jusqu'au 16 janvier prochain pour aller faire un tour au Grand Palais, et découvrir les choix artistiques de la famille Stein, qui aujourd'hui apparaissent comme particulièrement sûrs et visionnaires.

 

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23 septembre 2011 5 23 /09 /septembre /2011 18:32
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Ce que Giacometti doit à l'Antiquité

 

Si vous passez par le quartier de la Madeleine, je vous invite à visiter l'exposition "Giacometti et les Etrusques" à la Pinacothèque de Paris.

 

Une exposition très originale, qui met en parallèle l'art du génial sculpteur italien et la civilisation étrusque qui occupa une partie de l'Italie avant de s'effacer face aux Romains.

 

Le rez de chaussée de l'exposition est surtout consacré à l'art funéraire étrusque : des premières urnes cinéraires villanoviennes aux canopes anthropomorphes puis aux urnes d'albâtre, on découvre un peuple paisible et hédoniste, dont la prospérité était assise sur les richesses agricole et minière.

 

Quelques bijoux en or nous parlent de la douceur de vivre étrusque et de la place éminente que tenaient les femmes : élégant collier tressé et filigrané, fibules en forme de sangsues ou de dragons, serpent formant un anneau...

 

La confrontation avec Giacometti est mise en scène au sous-sol de l'exposition. Il faut savoir que son premier "Homme qui Marche" date de 1947. Or l'on sait que lorsqu'il était à Paris, il passait beaucoup de temps à étudier les collections antiques du Louvre. Cette fascination a été nourrie par l'exposition de 1955 que le musée a consacrée aux Etrusques.

 

L'art étrusque comprend de nombreuses statuettes de bronze, très longilignes, représentant notamment des offrants. L'exemple le plus connu est sans doute ce jeune garçon au corps élégamment stylisé, que le poète Gabriel d'Annunzio avait surnommé "L'Ombre du Soir".

 

La mise en parallèle de la statuaire étrusque et des personnages de Giacometti est un moment très émouvant, dont le point culminant est la dernière salle où sont exposées ses fameuses "Femmes de Venise".

 

Au-delà des analogies formelles, ce qui m'a le plus touchée dans ce face à face à travers les siècles, c'est cet attachement de Giacometti comme des artistes étrusques à dépeindre les âmes plus que les personnes. C'est sans doute ce qui rend leur art si bouleversant.

 

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