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Vendredi 7 octobre 2011 5 07 /10 /Oct /2011 08:24
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A découvrir au Grand Palais

 

Encore une expo comme je les aime, qui sort de la sempiternelle présentation chronologique pour s'appuyer sur une thématique plus originale. Le Grand Palais rend cette fois hommage à cette fratrie étonnante des Stein, Américains aisés qui avaient choisi de venir vivre en France et de côtoyer l'avant-garde artistique.

 

Tout a commencé avec Léo et Gertrude, qui au début du XXème siècle s'installent à Paris. Ils ne sont pas obligés de travailler, grâce à l'argent envoyé par leur frère Michael, qui a fait fortune dans l'électrification du tramway de San Francisco et dans l'immobilier. Par ailleurs, le taux de change étant particulièrement favorable au dollar, ces années-là vont voir affluer une pléthore d'artistes et d'amateurs d'art américains attirés par l'effervescence intellectuelle parisienne.

 

Les Stein commencent à acheter des oeuvres qu'ils aiment. Si Léo admire avant tout Cézanne ou Renoir, Gertrude se prend de passion pour Matisse et surtout pour Picasso, avec lequel se noue une amitié qui ne se démentira jamais. Le frère et la soeur ont un goût particulièrement sûr et audacieux. Au fameux salon d'automne de 1905, ils vont adorer la "Femme au Chapeau" de Matisse que la critique dézingue pourtant avec fureur.

 

Le frère Michael, accompagné de sa femme Sarah et de leur fils Allan, viendra s'installer en France quelques années plus tard. Ils deviendront des amis très proches de Matisse dont ils achèteront plusieurs toiles, de ses débuts post impressionnistes jusqu'au fauvisme, qu'ils abriteront dans leur grande villa de Vaucresson dessinée par Le Corbusier.

 

Pendant ce temps, Gertrude se séparera de son frère pour vivre avec sa compagne Alice B. Toklas et s'adonner à ses deux passions : l'écriture et le cubisme. L'une des salles est ainsi consacrée aux petites études de têtes de femmes qu'elle avait achetées à Picasso, caractéristiques des fameuses Demoiselles d'Avignon. Emouvant, la grande "Femme à la Serviette" côtoie le portrait qu'a peint d'elle Picasso, impressionnant de massivité et d'intelligence.

 

Jusqu'à la fin de ses jours, Gertrude restera fidèle à Picasso, même si elle a également acheté des oeuvres de Juan Gris, Francis Picabia ou André Masson. Détail rigolo : pas une seule toile des autres peintres cubistes phares tels que Braque, avec qui Picasso collaborera pourtant de la façon la plus étroite, ou bien Fernand Léger. Comme quoi, au delà du style propre à Picasso, il y avait aussi un attachement très fort à l'homme...

 

Vous avez donc jusqu'au 16 janvier prochain pour aller faire un tour au Grand Palais, et découvrir les choix artistiques de la famille Stein, qui aujourd'hui apparaissent comme particulièrement sûrs et visionnaires.

 

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Vendredi 23 septembre 2011 5 23 /09 /Sep /2011 18:32
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Ce que Giacometti doit à l'Antiquité

 

Si vous passez par le quartier de la Madeleine, je vous invite à visiter l'exposition "Giacometti et les Etrusques" à la Pinacothèque de Paris.

 

Une exposition très originale, qui met en parallèle l'art du génial sculpteur italien et la civilisation étrusque qui occupa une partie de l'Italie avant de s'effacer face aux Romains.

 

Le rez de chaussée de l'exposition est surtout consacré à l'art funéraire étrusque : des premières urnes cinéraires villanoviennes aux canopes anthropomorphes puis aux urnes d'albâtre, on découvre un peuple paisible et hédoniste, dont la prospérité était assise sur les richesses agricole et minière.

 

Quelques bijoux en or nous parlent de la douceur de vivre étrusque et de la place éminente que tenaient les femmes : élégant collier tressé et filigrané, fibules en forme de sangsues ou de dragons, serpent formant un anneau...

 

La confrontation avec Giacometti est mise en scène au sous-sol de l'exposition. Il faut savoir que son premier "Homme qui Marche" date de 1947. Or l'on sait que lorsqu'il était à Paris, il passait beaucoup de temps à étudier les collections antiques du Louvre. Cette fascination a été nourrie par l'exposition de 1955 que le musée a consacrée aux Etrusques.

 

L'art étrusque comprend de nombreuses statuettes de bronze, très longilignes, représentant notamment des offrants. L'exemple le plus connu est sans doute ce jeune garçon au corps élégamment stylisé, que le poète Gabriel d'Annunzio avait surnommé "L'Ombre du Soir".

 

La mise en parallèle de la statuaire étrusque et des personnages de Giacometti est un moment très émouvant, dont le point culminant est la dernière salle où sont exposées ses fameuses "Femmes de Venise".

 

Au-delà des analogies formelles, ce qui m'a le plus touchée dans ce face à face à travers les siècles, c'est cet attachement de Giacometti comme des artistes étrusques à dépeindre les âmes plus que les personnes. C'est sans doute ce qui rend leur art si bouleversant.

 

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Dimanche 18 septembre 2011 7 18 /09 /Sep /2011 10:30
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Les Archives Nationales et le salon Hors Série

 

Aujourd'hui il fait un peu frais mais encore très beau. Je vous propose donc d'aller vous balader dans le quartier du Marais, haut lieu des Journées du Patrimoine.

 

Connaissiez-vous déjà les Archives Nationales ? Moi, non. C'est par hasard que je suis passée devant ce magnifique bâtiment orné de banderolles CGT - CFDT contre je ne sais plus quel projet du gouvernement. Le temps d'attente pour visiter cet ancien palais du Prince de Soubise est très raisonnable. 

 

On peut ainsi y découvrir quelques pièces des appartements du Prince et de la Princesse, pur jus XVIIIème siècle : un magnifique salon rond qui faisait partie des appartements de Monsieur, aux sobres boiseries gris vert, ainsi que trois pièces des appartements de sa (très jeune) femme Marie-Sophie, d'un style rococo beaucoup plus "girly". Belles peintures de Boucher et Van Loo en perspective...

 

A la suite de quoi, allez faire un tour à l'Espace des Blancs Manteaux où a lieu le salon Hors Série des Ateliers d'Art de France (entrée libre), qui regroupe 40 créateurs. Coup de coeur pour les bijoux exceptionnels de Criska et d'Aline Kokinopoulos, la première maître dans l'art de la ciselure, la seconde architecte du métal. Mais aussi pour les bijoux pleins de poésie d'une jeune élève de l'AFEDAP, Félicie Colin : son collier "Nos racines" est à pleurer d'émotion. Et enfin une céramiste étonnante, Nathalie Domingo, dont la porcelaine ne ressemble à rien de ce que j'avais connu jusqu'à présent : sa coupe "L'intrus" m'a coupé le souffle. Un bémol : pourquoi autant de bijoutiers et de céramistes (dont certains ne font rien d'unique, excusez moi de le souligner !) et une absence si criante de créateurs de meubles et de luminaires ?

 

Enfin, je ne peux que vous recommander de faire un saut à la galerie d'art Collection où vient de s'ouvrir une exposition de céramistes coréens : épure, réflexion sur la vie et le temps qui passe, sens de la forme et recherche de la perfection... Une très belle leçon pour tous ceux qui aiment les métiers d'art.

 

Archives Nationales

60, rue des Francs Bourgeois

 

Espace des Blancs Manteaux

48, rue Vieille du Temple

 

Galerie Collection

4, rue de Thorigny

 

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Mercredi 16 mars 2011 3 16 /03 /Mars /2011 19:00
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De l'art thérapie au XVIIIème siècle

 

Vous avez jusqu'au 25 avril prochain pour découvrir un pan caché de l'oeuvre du sculpteur allemand Franz Xaver Messerschmidt (1736-1783), dans le cadre d'une exposition intimiste organisée par le musée du Louvre.

 

Sculpteur de talent, un temps professeur adjoint à l'académie royale de Vienne, cet artiste va progressivement se heurter à l'incompréhension de ses contemporains, choqués par l'évolution fort peu académique de son oeuvre.

 

Véritable virtuose (fabuleux portraits de cour comme celui du duc Albert Casimir de Saxe Teschen !), Franz Xaver Messerschmidt va se mettre à sculpter des bustes étonnants et effrayants pour conjurer les esprits qui venaient hanter ses nuits et ses jours.

 

Le Louvre expose une trentaine de ces "têtes de caractère" qui sont parfois considérées comme des autoportraits, et qui toutes montrent le visage humain en proie aux sentiments les plus violents.

 

Peur, douleur, rire hystérique...toutes les facettes des expressions humaines sont étudiées dans cet ensemble de bustes métalliques (souvent un alliage de plomb et d'étain, parfois de l'albâtre) qui n'a pas son pareil au siècle des lumières.

 

On sait que Messerschmidt souffrait de troubles psychiques de plus en plus graves. Freud aurait sans doute aimé recevoir le sculpteur dans son cabinet : en effet, des historiens voient dans un certain nombre de bustes dont la bouche est oblitérée par un pansement la peur du sexe qui a toujours caractérisé Messerschmidt, sans doute resté vierge jusqu'à la fin de ses jours.

  

En sortant de cette exposition, passez par les cours Marly et Puget qui abritent les grands groupes sculptés des XVII et XVIIIème siècles. Pour ceux qui connaissent ma fille adorée Flore, admirez la grâce de la déesse éponyme sculptée par Coyssevox. Et pour ceux qui aiment le dialogue entre art classique et art contemporain, laissez vous porter par les oeuvres de l'anglais Tony Cragg. J'ai trouvé les sculptures en bois particulièrement fascinantes. 

 

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 09:33
  or des incas

Fabuleux Eldorado !

 

Je vous l'ai déjà dit : je n'aime pas la Pinacothèque, ses petites salles sombres desservies par de multiples volées d'escaliers moquettés, ses hordes de petits vieux bloquant les vitrines. Mais là, quelle expo !!!

 

Des pièces exceptionnelles, pour la plupart en provenance du musée de Lima (quelques oeuvres de collections particulières aussi, heureux mortels...). Et pour la créatrice de bijoux que je suis, une très belle leçon technique et esthétique.

 

Pour les indiens, l'or était le symbole des dieux (et des nobles) et l'argent celui des déesses. En revanche, les démiurges avaient façonné les gens du peuple à partir de cuivre...

 

L'exposition "L'Or des Amériques" du printemps 2009, au Museum d'Histoire Naturelle, abordait déjà le sujet, mais de façon plus didactique (qu'est-ce que l'or ? Comment l'exploite-t-on ? Les bijoux précolombiens). Et surtout nous éclairait sur une face cachée de la tragique fin d'Eldorado : les indiens maîtrisaient l'art des alliages et en avait créé un, dénommé tumbaga, qui mélait un peu d'or à beaucoup de cuivre et parfois d'argent. Par oxydation, le cuivre disparaissait de la surface du bijou ce qui donnait l'impression que la pièce était en or massif. Les conquistadores se sont souvent fait avoir comme des bleus...

 

Techniquement, vous verrez que les bijoux de ces civilisations était surtout faits à partir de plaques métalliques laminées, martelées ou bien embossées et parfois soudées. Très peu de serti en revanche, les turquoises ou autres pierres bleues étant le plus souvent collées. Du coup, les bijoux précolombiens sont souvent très imposants, mais en même temps très légers. Pour moi, le comble du raffinement est représenté par les ornements nasaux ou bien par les boucles d'oreilles, qui sont souvent très finement travaillés.

 

Très émouvants, les outils de bijouterie exposés dans certaines vitrines : dés à embosser en pierre, marteau et enclume en obsidienne, ciseaux (ce que nous appelons aujourd'hui "échoppes") métalliques souvent joliment ornés... Pour le repercé, les indiens utilisaient des "scies" en jade ou bien en obsidienne et réussissaient à concevoir des merveilles de finesse.

 

Une très belle exposition à ne manquer sous aucun prétexte (jusqu'au 6 février 2011).

 

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