Mercredi 25 janvier 2012 3 25 /01 /Jan /2012 18:18
cours 95

La manchette redevient furieusement tendance !

 

Je ne sais pas ce qu'il se passe depuis quelques semaines mais chez mes élèves, c'est la frénésie : elles veulent toutes créer des manchettes ! C'est un ras le bol généralisé envers les petits bracelets tous discrets montés sur des liens de coton : toutes ces fleurettes, signes Peace & Love et autres messages d'amour gnangnan ont sans doute fini par écoeurer les femmes, les vraies.

 

Place donc aux pièces massives, rigides, barbares, qui habillent le poignet avec ostentation et crânerie.

 

Voici deux exemples de ce que j'avance, et je vous assure que d'autres manchettes sont en cours de réalisation à l'atelier...

 

La manchette en laiton est la toute première création d'une de mes élèves qui vient à l'atelier le soir, après le boulot, quand son agenda surbooké le lui permet. Elle n'a pas choisi la facilité : métal entièrement martelé et surtout, pour enchâsser l'élément central en émail cloisonné, un serti clos qui épouse la forme ronde du bracelet ! Les connaisseurs apprécieront la difficulté de l'exercice... Pour le fun, elle s'est amusée à rajouter des griffes totalement irrégulières qui viennent joliment ponctuer les motifs floraux du décor.

 

La manchette en argent a été réalisée par une élève qui jusqu'à présent travaillait surtout la cire. Découpe du métal, repercé pour dégager de petits espaces évidés, gravure à l'échoppe... La couleur sombre a été obtenue par oxydation au chalumeau. Elle n'était pas vraiment voulue au départ mais elle a tellement plu à mon élève que cette dernière a décidé de la conserver. Un petit coup de vernis pour métaux en bombe devrait permettre de fixer cette finition qui, sinon, finira par disparaître du fait du frottement de la peau.

 

L'exercice de la manchette est aussi intéressant pour le travail de mise en forme qu'il implique : il s'agit en effet de chauffer la plaque de métal au chalumeau, puis de la mettre en forme sur une forme conique en la frappant à coups de maillet. Il faudra tenir compte de l'anatomie de l'avant-bras : ouverture suffisante pour glisser la manchette, bords arrondis et adoucis à la lime pour éviter de blesser la peau.

 

Très usuel durant l'Antiquité, le bracelet manchette a été très à la mode pendant des périodes de grands changements sociétaux, comme les années 30 ou les années 70. La résurrection actuelle du bracelet manchette serait-elle donc un signe avant-coureur du grand bouleversement que connaîtra notre planète en 2012, ainsi que l'avaient prédit les Mayas ??? Hmmm, vaste sujet...

 

L'Iris Noir

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Mercredi 18 janvier 2012 3 18 /01 /Jan /2012 09:16
cours 94

Passions ophidiennes

 

Le thème du serpent est récurrent en bijouterie, et ce depuis la nuit des temps. Si dans le Bible, ce pauvre ophidien est porteur de désordre et de félonie (souvenez-vous : Eve, la pomme, l'expulsion du jardin d'Eden...), dans de nombreuses autres civilisations il est au contraire symbole de sagesse et de fertilité. Je rappelle à cet égard l'histoire du Bouddha, qui aurait été protégé de la pluie et du froid par le cobra Naga qui l'aurait réchauffé au sein de ses anneaux et protégé des éléments en étendant au dessus de lui son capuchon.

 

Bref, ce reptile dépourvu de pattes fascine les hommes... et les femmes passionnées de bijouterie ! Deux de mes élèves se sont ainsi emparées de ce thème pour l'exercice du pendentif.

 

La première disposait de jolies pierres dures simplement percées d'un trou, à l'image de ce morceau de malachite. L'idée a été de sculpter un serpent dans de la cire verte, ses circonvolutions masquant deux tiges soudées qui entrent dans le trou de la pierre. Ainsi, le pendentif est articulé par rapport au serpent. Un ruban de mousseline et le tour est joué ! Bon, je ne vous cache pas qu'en voulant resserrer le corps du serpent à coups de maillets, j'ai explosé la première pierre de mon élève, une belle agate noire... La honte !

 

Ma deuxième élève voulait broder sur le thème de la pomme. Pour les petites branches, je lui ai conseillé d'en ramasser dans la nature et de les apporter directement chez le fondeur, qui les a fixées sur son arbre à cire pour en obtenir un tirage unique en argent (principe de la fonte à cire perdue). Le serpent, issu d'une maquette en cire verte, a été soudé sur la branche. Evidemment, nous avions pris soin au préalable de percer sa gueule pour faire passer le clou d'enfilage retenant la bille de corail rouge (la pomme !), ainsi que le haut du corps pour la chaîne.

 

Pour les écailles, nous avons eu l'idée de nous servir d'un cutter métallique dont le corps est joliment guilloché. Nous l'avons chauffé puis nous nous en sommes servies comme d'un rouleau à pâtisserie sur la cire verte. Et ça marche !

 

De mon point de vue, je trouve que ces pendentifs sont très réussis. Je ne pense pas me tromper en disant que mes élèves sont également très satisfaites du résultat !

 

L'Iris Noir

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Vendredi 6 janvier 2012 5 06 /01 /Jan /2012 10:40
cours 93

Comme une envie de beaux, gros cailloux !

 

Pas de mystère : rien ne fait davantage briller les yeux d'une nana qu'un beau caillou à se mettre au doigt...

 

Dès que mes élèves s'aguérissent un peu d'un point de vue technique, elles s'aventurent illico presto dans le sertissage de pierres.

 

Elles se mettent à écumer les salons de minéralogie et les boutiques des négociants de pierres, et découvrent le monde enchanté de la gemmologie.

 

Je leur conseille toujours de commencer avec des pierres abordables, d'autant plus que depuis quelques années, la joaillerie a remis à l'honneur toutes les pierres autrefois qualifiées de "semi précieuses" et aujourd'hui portées au nues par les médias.

 

Ces quatre bagues aux styles très différents ont deux points en commun : elles ont toutes été réalisées à partir de cire et les pierres ont été serties dans la masse à l'aide d'un marteleur.

 

Pour ce type de sertissage, il est vrai qu'il est plus facile de partir d'une pierre taillée en cabochon (bagues labradorite et corail). En effet, dès qu'une pierre est facettée (et donc culassée), il faut soigner la mise en pierre au maximum pour éviter que la pierre ne bascule dans le vide au moment du sertissage.

 

C'est l'expérience qu'a faite la créatrice de la bague aux améthystes : la mise en pierre centrale n'étant pas parfaite, il était impossible de bien asseoir la pierre pour la sertir. Je lui ai alors suggéré de souder au fond du trou un petit anneau qui a joué le rôle d'une ceinture invisible et qui a permis de résoudre le problème.

 

En revanche, la bague à la citrine n'a posé aucun problème majeur, ce qui n'est pas plus mal car mon élève avait décidé d'ajourer sa bague de telle façon qu'on puisse voir la culasse de la pierre. Pas le droit à l'erreur, donc !

 

Moi, je reste quand même baba devant le talent de mes élèves. Je vous jure que je ne travaille pas à leur place : elles dessinent, sculptent leur cire, font leur mise en pierre (là j'aide quand même un peu, je l'avoue...) et jouent du marteleur jusqu'à ce que la pierre soit fixée. Et quand la bague a fini d'être polie, elles sont toutes contentes comme des enfants. C'est ma plus belle récompense !

 

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Jeudi 5 janvier 2012 4 05 /01 /Jan /2012 11:41
cours 89

Souffler et s'amuser un peu...

 

Parfois, il arrive que mes élèves soufflent un peu en imaginant des modèles faciles à porter, dans l'air du temps. C'est toujours magique quand les techniques enseignées sont utilisées en dehors des sentiers battus.

 

Voici deux sautoirs conçus par des élèves qui se sont amusées à concilier matières et techniques différentes pour arriver à un résultat plus qu'élégant.

 

Dans le cas du sautoir bleu, mon élève disposait du moule d'un motif de plume qui lui avait servi à réaliser une belle paire de boucles d'oreilles en argent (cf. article du 11 mars 2011). Elle a demandé au fondeur un tirage en laiton, qu'elle est venue accrocher au jeu de chaînes ornant le pendentif en howlite teintée bleue. Par ailleurs, les gouttes de turquoise ont été fixées au bout des chaînes à l'aide de clous d'enfilage en laiton qu'elle a réalisés elle même. Un lien en suédine bleue et le tour était joué !

 

Pour le sautoir brun, mon élève a soudé côte à côte deux sertis clos dans lesquels elle a mis des cabochons d'obsidienne. L'astuce, c'est que ces sertis clos sont pourvus d'un deuxième étage dans lequel viennent se glisser les chaînes. A chaque extrêmité, une pastille de laiton patiné fixée à l'aide de clous d'enfilage.

 

Travail de la découpe de métal, soudure et technique de la queue de cochon ont donc été utilisés pour obtenir ces sautoirs pleins de légèreté et d'insouciance.

 

Qui a dit que la bijouterie, c'était forcément pour les gens sérieux ???

 

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Mercredi 4 janvier 2012 3 04 /01 /Jan /2012 11:11
cours 92

La bijouterie, c'est aussi une question de maintien !

 

Bonjour à tous ! Avant toute chose, laissez moi vous souhaiter une année 2012 pleine de moments merveilleux et de sensations AAA. Je croise les doigts pour que 2012 soit un vrai remède anti blues, dans le contexte ambiant plus que morose.

 

Je viens de réouvrir les portes de l'atelier après une trêve de 15 jours et je ne résiste pas au plaisir de vous parler des boucles d'oreilles imaginées par deux de mes élèves.

 

Travail de la découpe du métal : un bocfil, une réserve de lames (la casse est importante au début...), une plaque de métal, et on y va !

 

Le secret, c'est la posture : pour bien découper, il faut apprendre à tenir son bocfil. De la même façon qu'un violoniste doit apprendre à tenir son archet :)

 

Les cours de bijouterie de L'Iris Noir, c'est donc avant tout des cours de maintien : se tenir droit devant sa cheville, ne pas crisper inutilement ses muscles, apprendre à présenter son bocfil à la perpendiculaire de la plaque de métal, ne pas forcer pour avancer plus vite mais utiliser toute la hauteur de la lame...

 

Comme un professeur de bonnes manières, je serine ces préceptes à mes élèves qui au bout de quelques cours, perdent leurs crispations premières, deviennent de plus en plus zen... et découpent leur plaque de métal avec une fantaisie illimitée.

 

A l'image de ces deux paires de boucles d'oreilles toutes en volutes et ajourages, réalisées dans du plané d'argent assez fin pour éviter qu'elles ne pèsent trop lourd aux oreilles.

 

Si les grands cabochons de labradorite ont été sertis clos, les deux grenats ont été pour leur part sertis à griffes. Point commun : les perles d'eau douce glissées sur un clou d'enfilage que nous avons fabriqué nous mêmes et qui a été accroché selon la fameuse technique de la queue de cochon, tant redoutée par l'ensemble des élèves...

 

Ne reste plus qu'à apprendre à avoir un port de reine pour arborer ces boucles d'oreilles avec tout le style qu'elles méritent !

 

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